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2014-02-01T08:20:05+01:00

Gishora, les tambours du Burundi

Publié par Guillaume et Marie -
Gishora, les tambours du Burundi
Gishora, les tambours du Burundi
Gishora, les tambours du Burundi
Gishora, les tambours du Burundi
Gishora, les tambours du Burundi
Gishora, les tambours du Burundi

A une dizaine de kilomètres de Gitega, après avoir visité le Parc National de la Ruvubu, neuf chaises nous attendent.
Elles font face à cette immensité qui nous est devenue familière. L’homme s’habitue à tout, même au sublime.
Face à l’habitude, le concept de sublime peut-il perdre tout son sens ? Le sublime se résumerait-il à l’Unique ?

Les collines, les vallées se réveillent sous le poids du ciel.
Le ciel se décline en d’intenses gris. Va-t-il se déchirer ?
L’esprit des tambours réveillera-t-il ceux du ciel ?

Nous sommes maintenant assis. Les villageois nous encerclent. Eux aussi veulent profiter du spectacle. C’est si rare dans les collines de trouver un peu d’animation.

Le bruit sourd des tambours se fait de plus en plus pressant. Un murmure traverse le public. Ils arrivent. Ils s’approchent à pas lents.
Le battement des tambours et de nos cœurs s’unissent subtilement. Nous glissons dans un autre monde, celui du passé, celui qu’on peut lire dans les livres, celui qu’on nous raconte sur les bancs de l’école, celui de l’Afrique.
Leurs pas épousent le son des tambours. Ils raisonnent dans ces énormes coffres de bois.
Puis, chacun s’arrête et le silence s’impose. Il compose et habite le rythme, c’est le silence qui mène la danse.

Les tambours volent sur les têtes pour enfin venir se poser sur la Terre Mère.

Les mouvements reprennent de plus belle. Une énergie spirituelle émane des tambours.
Tout devient signifiant, chaque mouvement, chaque expression racontent.
Leurs visages sont déformés par la douleur, la rage.
L’orgueil frappe, saute.
L’homme transpire de puissance. Il chasse, intimide mais jalouse son adversaire qui sans cesse le provoque.
Il joue et se prend au jeu.
Entre la représentation et la réalité il n’y a qu’un pas.
Il est l’animal raisonnable qui converse avec les cieux.
Celui qui s’est doté d’armes pour mieux dominer.
Il est en pleine euphorie, euphorie virile ou transe volubile ?

Soudain une faille s’ouvre sous nos pieds, dans le ciel.
Le public frémit.
Une fragilité prend place. Elle se délecte au jeu.
L’homme pavane, frappe, s’empourpre puis s’incline.
Il sait au plus profond de lui qu’il n’est que son esclave,
qu’il vit à travers lui,
qu’il est devenu son instrument.
Les tambours prennent alors vie. Ils nous imposent leur cadence démentielle. Ils sont libres et nous transportent là où ils le désirent. Ils ont fait de nous leurs marionnettes…

Un grondement déchire le ciel et à cet instant même les tambourinaires frappent en jetant leur tête en arrière.
L’unité est grandiose, l’homme et la nature jouent ensemble.
Et nous sommes là, assis, passifs mais émerveillés devant une telle symbiose.
Une unité parfaite entre la terre, le tambour, son rythme frénétique et l’homme.

Gishora, les tambours du Burundi
Gishora, les tambours du Burundi
Gishora, les tambours du Burundi
Gishora, les tambours du Burundi
Gishora, les tambours du Burundi
Gishora, les tambours du Burundi
Gishora, les tambours du Burundi
Gishora, les tambours du Burundi
Gishora, les tambours du Burundi
Gishora, les tambours du Burundi

2013-11-01T22:23:45+01:00

Orphelinat "Maison de l'espoir" - Ngozi

Publié par Guillaume et Marie -

L'orphelinat a été créé en 2002 par la congrégation des Bene Maryia en collaboration avec la congrégation de la miséricorde à Moissac en France et une association italienne.

Retour sur les pas de Magali ancienne volontaire dans l'orphelinat et aujourd'hui chef pédagogique du secteur primaire de l’École Française de Bujumbura.

Parfois les photos parlent mieux que les mots...

 

Hélène, professeur de Français à l'Ecole Française.
Hélène, professeur de Français à l'Ecole Française.
Hélène, professeur de Français à l'Ecole Française.
Hélène, professeur de Français à l'Ecole Française.

Hélène, professeur de Français à l'Ecole Française.

Magali

Magali

Orphelinat "Maison de l'espoir" - Ngozi
Orphelinat "Maison de l'espoir" - Ngozi
Orphelinat "Maison de l'espoir" - Ngozi
Orphelinat "Maison de l'espoir" - Ngozi
Orphelinat "Maison de l'espoir" - Ngozi
Orphelinat "Maison de l'espoir" - Ngozi
Orphelinat "Maison de l'espoir" - Ngozi
Orphelinat "Maison de l'espoir" - Ngozi
Orphelinat "Maison de l'espoir" - Ngozi
Orphelinat "Maison de l'espoir" - Ngozi

2013-11-01T21:56:56+01:00

Banga, Teza et Kayanza :

Publié par Guillaume et Marie -

Le président a décidé que les deux jours fériés du samedi, dimanche seraient reportés aux lundi et mardi.
Nous avons donc un weekend de 4 jours devant nous pour partir dans les terres.

Samedi :
Les travaux communautaires se terminent vers 10 heures.
A 10h01, Nous voici donc sur l’avenue de l’Uprona, sacs sur le dos, à héler un taxi.
Jour de chance, 2 minutes plus tard un taxi s’arrête. Nous partons pour la gare du Nord, à côté de Kamenge.
Cette fois-ci les bus sont resplendissants et très spacieux : pas une rayure, pas un accroc, des sièges confortables… De vrais carrosses.
On apprend même que pour ce type de compagnie, il faut réserver à l’avance.
Information peut-être insignifiante pour vous mais qui pour nous prend toute son importance : ce sera donc forcément une place par personne !
Nous embarquons rapidement et partons à l’heure. Inespéré !

On emprunte la nationale 1 en direction de Muramvya. Une immense côte s’offre alors à nous. Elle surplombe la ville de Bujumbura et son lac, pour s’insinuer silencieusement dans les collines du pays.
On y rencontre toutes sortes de transports insolites :
Les cyclistes optent pour « les remontées mécaniques » : ils s’accrochent telles les boîtes conserves qui suivent malgré elles la voiture des jeunes mariés. Ils s’accrochent à d’énormes camions déjà bien en peine.
D’autres, profitent de cette superbe descente pour acheminer à toute vitesse toutes sortes de marchandises.
C’est surchargés de fruits, de meubles taillés fraichement dans le bois, de sac de farine… qu’ils dévalent avec frénésie cette route endiablée.

Une heure plus tard, le bus s’arrête. « Musungu, c’est ici que vous descendez. »
Pied à terre, nous observons rapidement les alentours. Un minuscule village juché sur le haut d’une colline se perd dans l’immensité des collines.
« Karibu à Banga. »
Nous cherchons rapidement le dispensaire des sœurs.
En réalité, ce sera le seul et immense bâtiment de béton qui écrase de son blanc immaculé les petites baraques de fortune en tôle.
Sur le portail une pancarte où a été peint « Banga Guest House » en bleu nous met le doute.
Ne devions-nous pas nous retrouver chez les sœurs ?
Mais n’oublions pas que ce qui est logique dans un pays ne l’est pas dans un autre.
Nous rencontrons un homme qui nous fait faire rapidement le tour de la propriété.
Les balcons des chambres dominent une vallée qui se perd au loin dans l’infinité de la nature. Nous n’avons encore jamais rien vu de tel.
Je comprends alors pour la première fois le sens du terme « sublime » que Kant essaye de définir dans la critique de la faculté de juger : le sublime se distingue du beau en ce qu'il « dépasse » ou excède notre entendement.

Après un excellent poulet-frites, nous rencontrons Willy. Il sera notre guide.
Nous partons pour une petite randonnée de 3 heures à travers les collines, les vallées enchantées où sont fabriquées les briques, les petits villages batwa…

 

Banga, Teza et Kayanza :
Banga, Teza et Kayanza :
Banga, Teza et Kayanza :
Banga, Teza et Kayanza :
Banga, Teza et Kayanza :
Banga, Teza et Kayanza :
Banga, Teza et Kayanza :
Banga, Teza et Kayanza :
Banga, Teza et Kayanza :
Banga, Teza et Kayanza :
Banga, Teza et Kayanza :

Dimanche :
Il est 7 heures : nous prenons une tasse de thé sur le pouce et emportons trois pains. Ce sera notre repas de midi.
Malheureusement, les bus qui se rendent à « Bukeye » (là où le soleil se lève) sont pleins. C’est l’heure de la messe.
On découvre alors des centaines de gens qui descendent des collines. D’où viennent-ils ? Elles nous semblaient pourtant si sauvages.
Certains courent pendant que d’autres utilisent le lift ou le bus.
Le tout est de ne pas arriver en retard à la messe.
On décide donc de faire comme la plupart des gens, marcher.
Heureusement, une bonne âme nous amènera en voiture 7 km plus loin afin que nous puissions prendre des taxis motos.
10 heures, nous arrivons enfin au départ de notre randonnée, Teza.
Nous sommes accueillis chaleureusement par des guides du parc national de la Kibira, payons le droit d’entrer et nous enfonçons dans les plantations de thé.
Au programme, gravir le mont Teza qui culmine à 2666 mètres pour rejoindre Banga, notre village dortoir.
Plus de 20 km de marche nous attendent.

Colline de thé, tu nous foudroies de ton intense vert.
Colline de cultures, les hommes épilent ta forêt pour te vêtir d’un tissu à carreaux,
Rouge, ocre, marron et jaune, tu scintilles de mille feus.
Colline aux formes généreuses, ta sensibilité nous transporte.
Collines lorsque tu nous dévoiles un sein, n’est-ce pas pour attirer ce promeneur égaré en ton essaim ?
Collines, tu t’assombris si soudainement,
Tes pleurs s’enlisent, creusent et ravagent ton corps déjà si fragile.
Colline que tu es belle et effrayante à la fois,
Ta jalousie transperce ta voisine pour disparaître si soudainement face à l’hostilité d’une autre.
Colline, continue d’exister pour nous permettre de rêver.

Banga, Teza et Kayanza :
Banga, Teza et Kayanza :
Banga, Teza et Kayanza :
Banga, Teza et Kayanza :
Banga, Teza et Kayanza :
Banga, Teza et Kayanza :
Banga, Teza et Kayanza :
Banga, Teza et Kayanza :
Banga, Teza et Kayanza :
Banga, Teza et Kayanza :
Banga, Teza et Kayanza :
Banga, Teza et Kayanza :
Banga, Teza et Kayanza :
Banga, Teza et Kayanza :
Banga, Teza et Kayanza :
Banga, Teza et Kayanza :
Banga, Teza et Kayanza :
Banga, Teza et Kayanza :

Lundi :
Nous sommes à Kayanza.
Nous partons randonner dans la forêt près de Rwegure et de son usine de thé.
Nous nous faufilons derrière la frénétique machette de notre guide en espérant rencontrer les singes de la Kibira.
Malheureusement, avec la guerre, ils ont quitté le Burundi…

Banga, Teza et Kayanza :
Banga, Teza et Kayanza :
Banga, Teza et Kayanza :
Banga, Teza et Kayanza :
Banga, Teza et Kayanza :
Banga, Teza et Kayanza :
Banga, Teza et Kayanza :

2013-10-21T17:30:04+02:00

Chargé de la gestion des données et de la logistique

Publié par Guillaume et Marie -

Comment expliquer de manière précise mon travail ? Il suffit de copier-coller ma fiche de poste, et le tour est joué ! Donc voici comment j'occupe mon temps depuis quelques semaines :

 

Action on Armed Violence (AOAV) appui le Centre d’Encadrement et de Développement des Anciens Combattants (CEDAC) pour la mise en œuvre d’un projet d’aide psycho-sociale pour les victimes de violence armée via des pairs-éducateurs.

Le volontaire Chargé de gestion des données et de la logistique (MOI !) effectuera les tâches suivantes en appui aux projets AOAV-CEDAC

Gestion des données

  • Développer un système de gestions des données statistiques pour les activités de CEDAC
  • Développer une base de données pour faciliter la gestion des données sur les activités de CEDAC (MS Excel)
  • Former le personnel de CEDAC à l’utilisation de la base de données

Logistique

  • Appuyer CEDAC dans la rédaction des sections logistique du Manuel de procédures
  • Appuyer l’ouverture éventuelle du bureau AOAV au Burundi :
    • Appuyer le Représentant Pays dans l’aménagement du bureau
    • Appuyer l’achat des divers équipements de bureau et l’installation des services
  • Rédiger les procédures logistiques d’AOAV Burundi
  • Mettre en place les systèmes logistiques d’AOAV Burundi, dont :
    • Approvisionnement
    • Stocks
    • Équipements
    • Suivi du charroi et consommation de carburant
    • Suivi du bâtiment
Photos prisent lors du lancement officiel d'un projet de construction d'un centre professionnel
Photos prisent lors du lancement officiel d'un projet de construction d'un centre professionnel
Photos prisent lors du lancement officiel d'un projet de construction d'un centre professionnel
Photos prisent lors du lancement officiel d'un projet de construction d'un centre professionnel
Photos prisent lors du lancement officiel d'un projet de construction d'un centre professionnel
Photos prisent lors du lancement officiel d'un projet de construction d'un centre professionnel

Photos prisent lors du lancement officiel d'un projet de construction d'un centre professionnel

2013-10-21T10:39:34+02:00

Sur les rives du lac Tanganyika

Publié par Guillaume et Marie -

Vendredi, 14h.

Nous voilà enfin dans le taxi d’Alberic qui emprunte le boulevard du 28 novembre en direction du sud de la ville. La semaine s’achève. Nous ne sommes pas mécontents de quitter Bujumbura.

Il file, se faufile entre les voitures, sort sa tête, sermonne un chauffeur qui lui a coupé la route, grogne, accélère…

Nous voilà à la gare.

Un mimi bus Toyota est dans l’attente d’être rempli. C’est sûrement le nôtre. Nous payons notre voyage, 6000 franc bu (3 euros), puis nous nous installons rapidement pour profiter d’avoir encore le choix de l’emplacement.
C’est toute une stratégie : privilégier les fenêtres pour pouvoir voir le paysage ou pour sortir rapidement en cas de soucis (comme une pose pipi non contrôlée ), éviter l’avant et le va-et-vient des passagers et enfin l’arrière pour sa surexposition au courant d’air.

Les gens sont généralement très chargés et il n’est pas rare de finir écrasé contre la vitre par quelques énormes sacs de fruits, avec un enfant sur les genoux, un homme qui enfreint votre espace naturel de survie et une femme debout qui vous tombe dessus à chaque virage.
C’est d’ailleurs sûrement elle qui vous fredonnera joyeusement dans l’oreille la musique criarde que le chauffeur s’évertuera à mettre de plus en plus fort.

Mais on oublie très vite les désagréments du bus public : 3h00 à longer les rives du lac, une petite merveille !

Notre hôtel, le « saga » comme dirait les « expates », surplombe le lac.
Son restaurant construit sur des terrasses offre une vue bucolique. Après un excellent mukéké péché le matin nous rejoignons notre petite cabane voisine du « rocher de l’amour ». Bercés par le bruit des vagues nous nous endormons instantanément…

Lorsque le jour s’endort, les pêcheurs se réveillent. S’illuminent alors mille et une lumières au large.

 

Sur les rives du lac Tanganyika
Sur les rives du lac Tanganyika

Samedi, 9h

Réveil au petit matin, un plongeon et une omelette tomate oignon, un bonheur.
Nous partons en direction du village des pêcheurs à quelques lieues du saga.
« Muzumgu, muzumgu, donne moi l’argent. » La cohue d’enfants couvre maintenant l’amont de la colline. Dans quelques secondes nous serons rejoints par des dizaines de gamins.

Sur une moto, nous partons en direction de Mpinga. Une route sur les crêtes des collines nous offre un paysage à couper le souffle. La jungle émane de la terre aride et poussiéreuse. L’ocre du sol nait du contraste avec cette généreuse nature qui abonde. Elle entame cette course effrénée que lui impose la saison des pluies. Elle est ivre de toute cette eau. Elle est saoule et peut à chaque instant vaciller, tomber et céder.

Sur les rives du lac Tanganyika
Sur les rives du lac Tanganyika
Sur les rives du lac Tanganyika
Sur les rives du lac Tanganyika
Sur les rives du lac Tanganyika
Sur les rives du lac Tanganyika
Sur les rives du lac Tanganyika
Sur les rives du lac Tanganyika
Sur les rives du lac Tanganyika
Sur les rives du lac Tanganyika
Sur les rives du lac Tanganyika
Sur les rives du lac Tanganyika
Sur les rives du lac Tanganyika
Sur les rives du lac Tanganyika
Sur les rives du lac Tanganyika
Sur les rives du lac Tanganyika
Sur les rives du lac Tanganyika
Sur les rives du lac Tanganyika

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